Les caprices n’existent pas, les besoins et les désirs oui !

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les caprices n'existent pas les besoins et les désirs oui

Les caprices. Cette entité fourre-tout dans laquelle on classe : les crises, les impertinences, les comportements exagérés, les réactions disproportionnées, les envies irrationnelles, en bref tout ce qui est susceptibles de nous agacer chez nos enfants. Et si je vous disais que les caprices n’existent pas ? Ouf, je l’ai dit. En réalité, en collant l’étiquette « caprices » aux comportements inappropriés des enfants, on se décharge de l’effort de la réflexion sur ce qu’il fait réellement. Car, en réalité, ce qui se cache derrière ce « caprice », ne peut être rien d’autre qu’un besoin ou un désir mal exprimé ou incompris.

Le petit cerveau du jeune enfant en pleine maturité éprouve souvent de sérieuses difficultés à exprimer clairement ses besoins. De même, qu’il est difficile de faire la différence entre un besoin et un désir. Cette confusion qui donne des réactions que l’on connaît tous, peut en exaspérer plus d’un et c’est que nous qualifions de caprice.

Qu’est-ce qu’un caprice ?

Je dirais que c’est un « mot valise » (sac, cabas…). C’est-à-dire fourre-tout (on met tout ce qu’on veut dedans).

Souvent, c’est soit parce qu’on ne cherche pas à comprendre et donc cette étiquette est bien commode. Soit parce qu’on ne sait pas faire la différence entre ce qui relève du besoin et ce qui relève du désir,on met tout dans le même sac les « caprices ». Pourtant, cette distinction éviterait bien des situations malheureuses, de cris, et d’exaspération.

Puisque nous sommes sur le chemin de la bienveillance, essayons de comprendre. La première chose à savoir c’est que les caprices n’existent pas. Je sais que c’est difficile à digérer, mais bon, on s’y fait. Les enfants ne font pas de caprices, même si c’est difficile à avaler. Le terme caprice n’est absolument pas approprié et il ne s’agit pas là d’une simple mise au point linguistique. En réalité, un « caprice » est une décharge de tension accumulée dans le cerveau résultat d’un trop plein d’émotions.

Vous êtes au supermarché et vous avez eu le malheur de passer dans un rayon qu’il fallait éviter. Et vous l’entendez hurler  : « siiii, je veux la trousse Spiderman bleue (version garçon), Siiiii je veux la trousse Elsa la Reine des Neiges (version fille) !!! » Vous avez bien essayé d’expliquer à votre petit bout qu’en maternelle on n’a pas besoin de trousse, rien n’y fait.

La plupart des parents penseraient « il/ elle me fait un caprice pour une trousse. »

C’est ce que la plupart des parents penseraient, mais pas vous. Vous savez que dans la tête d’un enfant, il suffit d’un rien pour déclencher une tempête émotionnelle. Pour ne pas céder à tout et rester dans la bienveillance, vous devez savoir faire la différence entre un besoin et un désir.

Pourquoi il est nécessaire de différencier les besoins des enfants et leurs désirs ?

Il s’est réveillé de sa sieste et m’a demandé un goûter. Je lui ai donné une banane. Il m’a réclamé quelque chose à boire et je lui ai apporté un verre d’eau. Le verre d’eau a déclenché une crise

–«Noon pas de l’eau, je veux du jus ! »

-« Pas de jus, c’est de l’eau ou rien. »

-« Non pas de l’eau, moi je veux du jus. »

-« Y’a pas de jus, soit tu bois l’eau, soit tu ne bois rien. »

-« Je veux du juuuuuuuussss!!!Méchante maman !! J’aime plus maman !!! »

-« ah bon ? Je suis méchante? ! »

Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai repris la banane et je l’ai mangée devant lui. La colère a laissé place à une tempête. « Noooooon, ma banaaaaaane, je veux ma banane !! Je t’aime maman tu es pas méchante, je te fais un gros câlin, maman, maman tu es belle maman, je veux ma bannaaaannne »

« Je veux pas de câlin, laisse-moi tranquille va-t-en, je te donne à manger et je suis méchante?!! Va-t-en, laisse-moi. »

Je n’ai pas cédé. J’étais tellement excédée. « Petit ingrat », pensais-je.

Vous êtes choqués ? Moi aussi. Vous vous demandez qu’est-ce que j’ai fait après. Vous vous dites peut-être que c’est un peu excessif comme réaction. Qu’auriez-vous fait à ma place ?

Mon erreur a été de refuser sans tenir en compte qu’il s’agissait d’un désir. Refuser est une chose, mais expliquer pourquoi et faire preuve d’empathie envers la frustration que ressent l’enfant face au refus de son désir en est une autre.

C’est ainsi, qu’un moment trivial, qui arrive dans n’importe quelle famille peut donner lieu à des grosses crises, colères et réactions disproportionnées.D’où l’importance d’apprendre à identifier et faire la différence entre un besoin et un désir. C’est seulement de cette façon qu’on pourra réagir en conséquence et ne pas jeter de l’huile sur le feu.

 [Tweet « L’enfant a le droit de désirer une chose, mais désirer ne veut pas dire qu’il va l’obtenir ]

Il faut enseigner à l’enfant qu’il a le droit de désirer une chose, mais que cela ne signifie pas forcément qu’il va l’obtenir.

De même, il faut connaître les besoins de l’enfant pour être capable de les reconnaître et les satisfaire. Car, à la différence d’un désir, qui, s’il n’est pas satisfait ne causera qu’un peu de frustration, un besoin insatisfait peut être préjudiciable pour l’enfant.

Quels sont les besoins des enfants ?

Le cerveau d’un enfant se met en stress lorsque l’un de ses besoins n’est pas satisfait. L’enfant a des besoins :

  • physiques / physiologiques : soif, faim, sommeil
  • émotionnels : le réservoir d’amour est-il plein ?
  • d’attachement : ressentir la présence bienveillante de la personne qui s’occupe de lui habituellement
  • d’autonomie : « laisse-moi je veux le faire tout seul »
  • intellectuel : découvrir le monde, apprendre de nouvelles choses
  • spirituels

Il faut noter une chose importante, il y a souvent une cause physiologique ou physique aux comportements excessifs de nos enfants. Combien de fois mon fils m’a fait la guerre à hurler, taper des pieds et courir dans tous les sens à me rendre chèvre ? Son problème ? Il avait tout simplement besoin de dormir.

La première chose à faire avant de coller l’étiquette « caprice » sur un comportement exaspérant c’est de chercher une cause physique/ physiologique. Gardez en mémoire la liste des besoins des enfants et vous comprendrez que bien souvent, les décharges émotionnelles qui aboutissent à ce que tout le monde soit en colère ne sont rien d’autre que la manifestation d’un besoin insatisfait.

Maintenant que vous pouvez reconnaître un besoin, que faire quand l’enfant exprime une envie, un désir que vous refusez de satisfaire ?

Que faire lorsque l’enfant exprime une envie que vous refusez de satisfaire ?

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Premièrement, assurez-vous que ses besoins sont satisfaits (dodo, nourriture, câlin, etc.).

S’il s’agit d’un désir, que vous l’acceptiez ou non, il faut faire preuve d’empathie.  L’empathie est cette capacité que possède l’être humain à se mettre à la place de l’autre. Il peut être très difficile de faire preuve d’empathie. Surtout, quand on a tendance à être sur les nerfs à cause des pleurs et des cris et qu’on a plutôt envie de réagir à chaud.

Pourtant l’empathie, c’est la solution. Catherien Guégen a consacré tout un chapitre à l’empathie dans son dernier livre Vivre heureux avec son enfant

Voici comment :

=> 1. Connectez-vous à son émotion, à l’envie qu’il exprime  » tu aimerais boire du jus n’est-ce pas ? »

=> 2. Exprimez ce que vous ressentez : » Moi aussi j’aime les jus.C’est bon le jus, ça fait du bien c’est frais. » »

=> 3. Expliquez la règle, la raison du refus : » Malheureusement, il n’y a plus de jus quel dommage. »

=>4. Faites preuve d’empathie  » tu aimerais qu’il y en ai encore n’est-ce pas ? Une prochaine fois. Pour l’instant je te donne de l’eau. »

Cela peut paraître épuisant comme démarche, voir infaisable surtout dans le feu de l’action. Cependant, c’est ce qu’il y a de plus bénéfique émotionnellement. Pour l’enfant, vous compatissez à sa frustration, ce qui la rend plus supportable. Pour vous-même, vous n’entrez pas dans une réaction de colère disproportionnée.

Ainsi, l’enfant apprendra que l’on peut désirer une chose sans pour autant l’obtenir. Il apprendra aussi à gérer la frustration engendrée par un refus. Lui-même sera, plus tard, capable d’exprimer ses désirs sans que cela ne dégénère en exigences.

La petite mise au point à propos des « caprices » est faite. J’espère que celle-ci vous a été utile. Qu’en avez-vous pensé ?

N’hésitez pas à commenter. 😉

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